Newsletters & Actualités de DAT microfinance


Newsletter 1 - mars 2010

Dialogue avec Nicolas Guingand, le responsable des programmes Ecidec en France



Pour cette première édition des actualités DAT Microfinance nous avons choisi de dialoguer avec Nicolas Guingand, le responsable des programmes écidec en France. 

Faire correspondre la naissance du produit avec l’interview de l’un de ses concepteurs nous a semblé pertinent. Mais par la suite, vous pourrez retrouver dans cette rubrique des interviews  de différents acteurs du réseau écidec ainsi que l’actualité liée à DAT microfinance. 
 
 

Comment qualifiez-vous le nouveau produit financier, DAT Microfinance, conçu par Ecidec et la Nef ?
 
C’est un outil financier innovant au service de la création de richesses locales dans les pays du Sud.
Ecidec et son partenaire La Nef ont retenu la forme juridique du 'dépôt à terme', c'est à dire d'un placement bloqué pendant une durée fixe, ce qui permet de fournir un prêt stable à nos partenaires africains.
Les dépôts à terme DAT microfinance permettent aux particuliers comme aux entreprises de placer une somme d’argent sur une durée de 2 ans et avec un taux d’intérêt déterminé à l’avance.
100 % du placement est solidaire, dans la mesure ou 100% de la somme placée est utilisée pour les microcrédits.
 
Pour quelles raisons avez-vous établi un partenariat avec la Nef ?
 
La Nef, tout comme écidec, considèrent l'argent, la finance, comme un outil ou service de l'Homme.
Et puis, La Nef est un organisme fiable, agréé par la Banque de France depuis 20 ans et très bien implanté dans le paysage financier européen avec des projets ambitieux, notamment un projet de création de banque éthique européenne. 
 
Nous entretenons avec la Nef une relation de confiance et d’intérêts réciproques depuis plusieurs années. Par exemple, écidec est  bénéficiaire d’un produit de partage Nef.
Aujourd’hui, le fait de créer le produit financier DAT microfinance ensemble constitue un moyen supplémentaire de consolider nos relations et d’élargir nos actions.
 
L’originalité d’un tel projet ? 
  
DAT Microfinance vise à mobiliser des ressources en France sur le long terme pour permettre le financement de microcrédits 'longue durée', c'est a dire à une échéance de plus d'un an. Sur ce type de crédit, l'offre est quasi-inexistante au Sénégal.

Comparons deux exemples :
-          Un commerçant qui a besoin de 500 euros sur 12 mois, aura peu de difficultés à trouver un financement.
-          En revanche, un producteur qui a besoin de 2000 euros pour construire une unité de   transformation de céréales, aura beaucoup plus de difficultés.
DAT microfinance vient répondre à ce besoin en fournissant des ressources à long terme aux institutions de microfinance et en finançant le démarrage d’un nouveau microcrédit d’investissement porté par l'IMF sénégalaise partenaire du projet, UMECAS.

Quelle est l’implication des migrants dans le projet ?
 
Les personnes sénégalaises ou d’origine sénégalaise qui vivent en France, sont particulièrement concernées par ce circuit financier: grâce à leur épargne transformée en microcrédits, ils peuvent directement contribuer au développement économique de leur région d'origine.
 
Nous organisons d'ailleurs avec eux des rencontres, des réunions d’informations. S'ils connaissent quelqu’un vivant au Sénégal et qui a un projet nécessitant un financement, ils peuvent même nous « le recommander ».
Ensuite nous nous organisons avec la caisse de l’IMF la plus proche de chez lui pour que son projet soit examiné.
 


Créer ce produit de microfinance aujourd’hui dans un contexte de crise ? 
 
Justement ! La crise est une opportunité de revoir nos schémas économiques. Le système néolibéral a montré ses aberrations et les épargnants sont choqués des excès générés par ce système et par l’absence de régulation. Ils réclament davantage de transparence sur la gestion de leur argent.
Bien sûr, ce n’est pas le cas de tous les épargnants, mais, si l’on se réfère au Baromètre publié chaque année par Finansol, en 2009, à rémunération égale et même inférieure, 57% des français sont prêts à placer leur argent sur des circuits financiers solidaires.
 
 
Quelle sera la  rémunération pour les épargnants et comment celle –ci sera-t-elle reversée ?
 
Le dépôt est rémunérée a 2% an et sera versée annuellement aux épargnants.

D’un bout à l’autre de la chaîne de la finance solidaire, êtes vous soutenus par tous les acteurs ?
 
Oui, nous avons cette chance !
Le fait que des bailleurs de fond tels que les Nations Unis et la Commission Européenne soutiennent nos actions, est un gage de confiance.
En France, le partenariat avec la Nef assure la fiabilité du produit financier DAT microfinance. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’enthousiasme que les équipes de la Nef se sont mobilisées sur ce projet.
 
En Afrique, les institutions de microfinance partenaires sont favorables au projet. Elles comprennent le besoin de clarté des épargnants français et elles continueront à former et àaccompagner les bénéficiaires de microcrédits, pour les aider à sortir de la précarité.
 
Enfin, ceux qui motivent toute cette architecture, ces hommes et femmes qui luttent au quotidien pour vivre dignement, au Bénin, au Sénégal ou ailleurs en Afrique, pourront financer leur activité économique dans des conditions acceptables.
 
Notre souhait le plus cher est de mobiliser un grand nombre d’épargnants pour que DAT Microfinance puissent financer un nombre significatif de projets économiques. Nous invitons donc chaleureusement les épargnants français, déjà sensibilisé à la microfinance ou non, à prendre part à cet ambitieux projet dès maintenant !


 Mentions légales - Webmaster - Conception 2exVia avec MasterEdit®